Cette crise de la reconversion qui démange , effrayant ou non ?

Il arrive parfois, vers 30 ou 40 ans, que les œillères que l’on portait avec fierté depuis bien longtemps décident, d’un coup d’un seul, de se faire la malle. Soudainement, sans trop savoir pourquoi, on se sent mal à l’aise dans sa vie et aller au travail chaque matin relève d’un véritable défi…

Pour essayer de se sortir de ce pétrin, certains se mettent alors à réfléchir à leur vie professionnelle, d’autres prennent rendez-vous chez un psy ou quittent leur conjoint – naaaan, allez, petite blague, quoi – quelques-uns, transis de peur, se résignent et retournent dans leur train-train quotidien. Franchement, on les comprend, la situation fait peur. Mais, admettons que vous faîtes partie du premier clan, celui qui a décidé de se remettre en question et retraçons ensemble les premières étapes clés de ce projet démoniaque qu’est la reconversion.

 Allo Docteur ? Je suis en pleine crise de la reconversion… J’ai peur 1) Comprendre comment on en est arrivé là

Vous estimez que vous n’êtes pas nés avec de l’or entre les mains et que c’est pour cela que vous avez suivi un cursus scolaire classique pour faire plaisir à la famille, sans trop y réfléchir. De plus, on ne peut pas dire que l’école française a facilité votre développement personnel. Les conseillers d’orientation, c’est bien mais souvent, ça ne sert à rien.

Puis, est arrivée la situation d’après BAC. Celle où vous devez faire votre premier GRAND choix. Il y a des gens qui ont des vocations, les artistes, les médecins, mais, diantre, ce n’est pas du tout votre cas, et c’est comme cela que vous vous êtes retrouvés, avec  une flopée d’autres petits jeunes, perdus, les yeux hagards, dans les couloirs d’une université ou d’une école de commerce bidon.

Diplôme en poche, vous décrochez ensuite votre premier job vers 20/25 ans dans un secteur d’activité quelconque, qui ne vous fait ni chaud ni froid. Ce n’est pas grave, l’heure est venue pour vous de gagner un peu d’argent et de consolider votre indépendance. Ça fait du bien de pouvoir payer des tournées de shots l’esprit léger, hein ?

Le temps file… Le cerveau tourne au ralenti en suivant le roulis réconfortant de la routine… Et, BIM, ça fait déjà 10 ans que vous exercez la même profession et, quand vous regardez vos supérieurs, vous vous dîtes : « est-ce que, vraiment, j’ai envie d’être ça ? ».

Si votre réponse est « NON », pourquoi ne pas penser à vous recycler ? C’est vrai que c’est effrayant, mais qu’est-ce qui vous retient d’oser ?

reconversion professionnelle comment faire 3 Allo Docteur ? Je suis en pleine crise de la reconversion… J’ai peur

La définition de « having guts », c’est par .

 

2) Décider de changer de métier

Pour passer cette épreuve, dite du « questionnement », vous avez besoin de soutien. Ça tombe bien, il y a un truc génial qui existe pour vous aider à faire le point sur votre carrière : le « bilan de compétences ». Selon votre situation, vous pourrez vous appuyer sur de nombreux cabinets dans le privé ou bien bénéficier des services de l’APEC ou Pôle Emploi (ah ce cher Pôle, comme on l’adore). L’important réside surtout dans votre degré de motivation à vouloir changer d’orientation professionnelle ainsi que dans la qualité de votre interlocuteur. Un peu comme dans une psychanalyse. Il faut se sentir à l’aise avec le docteur, sinon cela risque d’être légèrement plus compliqué. Un bilan, ça remue beaucoup et ça génère des phases où clairement on est totalement « bousculé dans son slip ». Néanmoins, la démarche en vaut la peine et vous êtes forts, je le sens !

Lors dudit bilan, vous aurez le plaisir de retracer l’intégralité de votre carrière, de faire des tests psychologiques à rallonge, de réfléchir à vous projeter dans l’avenir sans avoir peur d’assumer librement vos goûts personnels. Tout un programme, n’est-ce pas ? Et, qui sait, vous découvrirez peut-être qu’en fait, vous aviez, sans le savoir, une vraie vocation dans le cœur.

Dernier conseil avant la prochaine phase : parlez-en autour de vous. Même si vous avez l’impression d’avoir saoulé votre entourage en voulant tour à tour être jardinier, comptable, vendeur de chichis en Australie et qu’au final, vous n’avez encore rien fait, vraiment pas de gêne. On est tous pareils. Les autres ont toujours des idées ou informations insoupçonnées à vous donner, le jeu en vaut vraiment la chandelle. Interrogez-les !

Toujours motivés ? Oui ?  Cool. Nous voilà arrivées à l’étape suivante. Celle du changement !

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3) Se lancer dans sa nouvelle activité professionnelle

Ca y est, vous avez choisi votre nouveau métier ! Vous avez bien pris le temps de mesurer tous les avantages et de pondérer les inconvénients de votre projet. La route ne sera pas facile, il va falloir maintenant faire confiance à la grosse machine de guerre qui sommeille en vous et se lancer !

Au passage, n’oubliez pas ce détail : se reconvertir dans une nouvelle branche, c’est aussi synonyme de reprendre un statut de junior, avec ou sans formation d’ailleurs. Vous gagnerez peut-être beaucoup moins d’argent et vous devrez aussi lutter contre une concurrence acharnée de seniors déjà bien installés dans le secteur ou, à l’inverse, de jeunes diplômés. Par conséquent, il va falloir mettre votre ego de côté et apprendre à gérer, avec beaucoup d’humilité, les portes claquées au nez et autres échecs en tout genre. On nous a appris à avoir peur d’échouer, belle connerie.  Les déboires de la reconversion sont un formidable puit d’expériences et la lumière, promis juré, est toujours au bout du couloir.

Si toutefois, à ce stade, vous vous sentez encore un peu fébriles face à vos nouveaux objectifs (ce qui est normal, je vous l’assure. Ne faîtes pas machine arrière, juste pour quelques aigreurs d’estomac, vraiment ce serait trop dommage), vous pouvez lire Evil Plans de Hugh MacLeod (attention c’est en anglais). Lecture simple, positive, efficace. Elle vous fera le plus grand bien !

We only live once !