Moments – Gonna make you move Joe-John

2515. Paris. À l’aube. Joe-John l’extra-terrestre placide pose un pied sur la planète Terre. Il frisonne. Ambiance glaciale d’un mois de janvier grisonnant, Joe-John tente d’allumer une tablette laissée à son attention par feu le peuple terrien. L’écran s’éclaire.« Salut à toi, Joe-John vieille branche, dit la tablette. T’es venu jusqu’ici pour en savoir plus sur les anciens locataires de cette jolie boule bleue ? Oui ? Alors, assieds-toi, prends cette cigarette qui sent bon, juste là, à côté de toi, appuie sur le bouton vert. Voilà… Écoute-ça….

1971. Led Zeppelin, ovni dérangeant avec son style qui pique la musique rock ordinaire depuis déjà 2 ans, sort l’album Led Zeppelin IV. Un son blues, violemment authentique, qui ne cadre en rien avec le commun des ondes hertziennes. Une folie rock outrancière baignant jusqu’à se perdre dans l’alcool, la drogue et le sexe.

Pouah, Joe-John ! C’était la vraie vie quoi ! Celle où l’ombre du méchant Sida ne planait pas encore au-dessus de nos têtes. Celle où on avait encore le droit de mourir jeune et défoncé. Encore fallait-il se rendre compte que cette époque-là était un âge d’or et que ce groupe-là avait été touché par la grâce du Dieu du Rock…

C’est bon, hein, Joe-John, ce « Black Dog » ? Tu ne t’attendais pas à ça… T’as de la chance de vivre la genèse du hard rock pour la première fois. Savoure le groove Joe-John, savoure…»

Joe-John, sourire aux lèvres, mégot en bouche, déclenche les rétrofusées. Il appuie sur le bouton vert, encore. Joe-John, en orbite, avec « Stairway To Heaven ».